22 avril 2007

Consolation dans la philosophie


On sait que le philosophe Diogène (~413 - ~327) était le fils d’un riche banquier de Sinope ; tenant pour nulles toutes les richesses qui font courir les hommes, il avait élu domicile dans un tonneau dans lequel il vivait frugalement.
Martin Heidegger naquit dans un monde où la philosophie de Diogène était loin d’avoir triomphé ; pourtant son papa était tonnelier. Issu d’un milieu modeste, marqué par son expérience d’enfant de chœur le jeune Martin s’éprend de théologie, science qui l'ouvre à la philosophie. Esprit brillant, ses grandes capacités lui gagnèrent de belles distinctions académiques. L’Europe dans laquelle a grandit Heidegger n’était pas une époque de renoncement, bien au contraire on y valorisait la réussite sociale, et plutôt qu’à renoncer aux vanités du monde chacun s’y appliquait avec plus ou moins de bonheur à monter dans l’échelle sociale. Martin y est parvenu à sa manière très philosophique en repensant le monde pour se le concilier. N’empêche que dans un monde qui aurait suivi la philosophie de Diogène, Martin aurait pu se vanter d’avoir un papa architecte.

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11 avril 2007

Credo

Un croyant est une personne qui croit qu'elle croit.

A-G. d'Affy

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09 avril 2007

Art de vivre

Philippe Cazal, À NOUS DEUX, 1982
Images photographiques Photographie n&b, plastification rigide,120x80 cm.
Texte À NOUS DEUX, sérigraphié en noir sur adhésif bleu.
Exposition: “Egal, Hauptsache Gut !”, Bonn, Allemagne.

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Si quelqu'un te parle d'art de vivre, c'est qu'il veut te vendre quelque chose.

Causerie

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28 mars 2007

Fondements

Les concepts philosophiques sont les hémorroïdes de l’âme ; ces cristaux de pensée sont la cause de toutes les crises de fondement.

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05 septembre 2006

Ivresse du pouvoir

Mon grand-père et le vin:

Les effets psychotropes de l’alcool ne suffisent pas expliquer le prestige du vin ; les raffinements de son goût et de sa flaveur sont tout autant l’expression des sucs libérés par le raisin sous le poids du pressoir que celle des ferments de l’esprit humain asservi sous la pression du pouvoir.
Ne voyez rien d’autre dans la symbolique du château ; avec son charme bucolique, son pittoresque suranné imprimant à l’étiquette en papier vergé la garantie d’une tradition bien gardée, le château prétend sceller dans le terroir l’alliance ancestrale du pouvoir et du vin. Les puissants, et ceux qui se veulent tels, se doivent toujours de posséder une cave exceptionnelle et leurs courtisans se doivent de savoir goûter ces fins millésimes avec compétence. Quand aux gagne-petits, les plus motivés exercent leurs papilles dans la mesure de leurs moyens dans l’espoir d’en goûter de plus prestigieux ; les plus désespérés, quand à eux, ils boivent pour oublier leur impuissance et, en premier lieu, ils oublient que le pouvoir premier est l’empire que l’on peut exercer sur soi-même et l’ordre de ses propre désirs.
Ange-Gabriel d'Affy

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24 mai 2006

Idiosyncrasie

« Les êtres humains naissent ignorants, pas idiots ; c’est l’éducation qui les rend idiots »

Bertrand Russell



Le problème avec le village global c'est que les idiots du village y constituent l'écrasante majorité alors que le village rural n'en compte généralement qu'un seul.

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BETE ET MECHANT
La bêtise, dans ses manifestations les plus énormes, confine souvent à la grandeur ; ce qui peut lui donner quelque chose d’admirable. Ce n’est pas le cas de la méchanceté ; les expressions les plus sublimes de la méchanceté ont toujours des conséquences mutilantes sur ceux qui la subissent. Ce n’est vraiment pas quelque chose à encourager.
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EXTRAIT DU JOURNAL DE MON GRAND-PERE:

3 décembre 1920
Cultiver sa différence ; c'est faire comme tout le monde.
Effacer sa différence ; c'est pure idiotie.

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21 mai 2006

Saigner / Penser


L’esprit s’ouvre tel une blessure ; au bord tranchant d’un bris de rêve, la pensée saigne. Les blessures de l'âme ouvrent l'esprit. "Tout n'est qu'illusion" répétait ma femme autrefois. Je n'ai jamais pu savoir si cela correspondait à sa croyance ou à son désir; mais il me semblait qu'elle n'acceptait pas la réalité de ce qui nous liait. Peut-être avait-elle raison, mais par delà le deuil, la persistance de la mémoire produit les mêmes effets de réel. Le monde me paraissait beaucoup plus beau quand je le regardais avec elle.

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17 mai 2006

Wu Wei

Suspend a while your force inertly strong
Then take at once the poet and the song.
Alexander Pope

Je me souviens qu’il y a quelques année sur France Culture Pierre Assouline interrogeait François Santoni, ancien leader de la Cuncolta naziunalista et du FLNC. Il lui demandait si avec sa connaissance approfondie et personnelle des mouvements nationalistes il ne songeait pas à écrire une histoire de l’indépendantisme Corse. La réponse : « Cela relèverait de l’encyclopédisme, la tâche serait énorme et n’intéresserait personne, ce n’est pas ça que demande le public ». Manifestement cet homme préfère assumer quelques nouveaux cadavres dont il aurait la responsabilité indirecte plutôt que contribuer positivement à la compréhension d’un problème qui n’est pas fondamentalement Corse mais qui est le problème fondamental de la violence politique examiné à travers l’exemple Corse. Ce genre d’attitude qui consiste à frapper l’opinion avec des livres à effet (comme celui qu’il publiait alors « Contre-enquête sur trois assassinats ») plutôt qu’a nourrir la réflexion de l’homme sur l’homme, lorsqu’elle est soutenue par la puissance médiatique est annonciatrice de bien des maux à venir. L’extrait suivant du journal de mon grand-père est éclairant sur la haute capacité de nuisance d’hommes comme ce Santoni. L’humanité nourri en son sein deux engeances dont elle n’est pas prête d’être débarrassée ; les industrieux et les militants.
EXTRAIT DU JOURNAL DE MON GRAND-PERE
20 mai 1920
On n’a probablement raison d’envisager la relation entre science et technique dans les termes suivants : comprendre pour agir et agir pour comprendre. Si le but premier de la science est de comprendre le monde et tout ce qu’il comporte, si de même le but premier de la technique est d’agir dans le monde et sur les choses qu’il comporte ; ces évidences suggèrent que plus il y aura de science plus grande sera la puissance d’action de l’humanité sur le monde et ce qu’il comporte. Lorsque nous employons les mots science et technique immanquablement on pense à MM. Chevreul, Pasteur, Berthelot, mais aussi MM. Ford, Edison et Lord Kelvin. La découverte de Roentgen est frappante à ce sujet ; en découvrant de nouveaux rayons, ce qui correspond à un accroissement de science, Roentgen nous a donné un outil de diagnostic permettant de voir les causes du mal comme on n’avait jamais espéré pouvoir les voir un jour; ce qui nous était caché, une fois devenu visible nous ouvrait des perspectives d’action à nous autres médecins. Je sais que Madame Curie a sauvé de nombreuses vies pendant la guerre grâce à des machines à rayons X transportés dans des fourgons automobiles. Cette manière de voir est entièrement tournée vers l’action. Mais prenons par exemple, les spéculations du professeur Einstein dont les journaux font si grand cas. Il semble que des personnalités éminentes du monde savant les prennent très au sérieux ; pourtant tout le monde s’accorde à exclure qu'il soit possible de tirer une quelconque conséquence pratique des travaux du savant suisse. Ainsi j’ai peine à me résigner à l’idée que le moteur de la science est alimenté par le besoin d’action des hommes. La maxime "comprendre, c’est déjà pardonner" m’inspire une tout autre manière de voir les choses. Et si, au lieu d'un encouragement à l'action, l’accroissement du savoir humain était une invite à comprendre pour s’abstenir d’agir ; le temps passé à ne pas agir est souvent autant de temps qui permet de chercher à comprendre. Il n’y a guère que les sages chinois qui ont su donner une valeur positive à la non action ; peut-être que d’autres tribus utilisent-elles un concept semblable. Il va me falloir écrire à M. Levy-Bruhl à ce propos. En tous cas il ne me semble pas raisonnable de croire qu’à chaque nouvelle découverte de la science il faille chercher ensuite un appui pour l’action ; on peut trouver dans le savoir de nombreuses raisons de ne pas agir et même peut-être de cesser d’agir. Si nous privilégions autant l’action c’est parce que les conséquences de l’action sont en général rapidement visibles, et, même si ces conséquences ne sont pas toujours celles qu’on attendait, on ne se sent pas lâche parce qu’on aura agit. Tandis que si l’on ne fait rien, il est difficile d’évaluer le résultat de notre non action ; ceci nous plonge dans une angoisse que seule l’action soulage. Cet état de fait est une catastrophe lorsqu’il s’agit d’action collective tandis qu’au niveau de l’individu cela s’équilibre en fonction de la névrose de chacun pour reprendre le terme du docteur Freud. Je suis convaincu que la principale vertu de la science réside moins dans ses résultats que dans sa pratique même. C’est pourquoi je répugne à concevoir la recherche scientifique comme un métier ; tout comme la pratique artistique, je l’envisage plutôt comme une sorte de spiritualité sans religion qui (comme la religion) nous relie (religo) au réel, c’est à dire à un indéfinissable qu'il faut bien pouvoir nommer comme avait du se résigner à le faire en son temps l'auteur du Pentateuque ; Javeh, celui qui est. (Le mot "réel" ne veut rien dire d’autre que "chose").

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08 mai 2006

Ontologie

ETRE

Une définition du verbe être : passer pour (qlqchose)



Trois mondes, lithographie, M.C. Escher (1955)

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